La publication de l’état des lieux socio-économique de la Région wallonne, sans tendre à un diagnostic, est un outil pour mieux appréhender les réalités du marché de l’emploi et soutenir des actions plus ciblées et efficaces.
La Région wallonne est un territoire de 16 844 km2 (55 % de la Belgique) où vivent plus de 3 450 000 personnes. Parmi celles-ci, 66 % sont en âge de travailler (de 15 à 64 ans). Toutes ces personnes en âge de travailler ne sont cependant pas de facto disponibles sur le marché du travail (obligation scolaire jusqu’à 18 ans, activité bénévole, prépension, etc.). Plus de 1 530 000 Wallons sont actifs sur le marché du travail. Parmi ceux-ci, près de 1 280 000 ont un emploi (salarié, indépendant ou aidant).
Sur vingt travailleurs wallons, dix-sept exercent un emploi salarié et trois sont indépendants à titre principal. Quatre secteurs de taille similaire regroupent la moitié des salariés habitant en Wallonie : l’industrie manufacturière (13,9 %), le commerce de gros et de détail (13,9 %), l’enseignement (12,8 %) ainsi que la santé humaine et l’action sociale (12,5 %). Pour ce qui est du travail indépendant, l’activité dominante concerne le commerce qui regroupe plus d’un tiers d’indépendants wallons.
Fin décembre 2007, la Wallonie dénombre 978 969 postes de travail salarié. Entre 2003 et 2007, l’évolution est de 7 % contre 6,2 % au niveau national. Depuis 2003, deux secteurs ont vu fortement augmenter leur nombre de postes d’emplois salariés. Il s’agit, tout d’abord, de l’immobilier, la location et les services aux entreprises : près de 25 000 postes supplémentaires ont été créés, essentiellement dans le secteur de l’intérim et dans les activités informatiques. Le second creuset d’emplois est le secteur de la santé et de l’action sociale (23 000 postes en plus). D’autres secteurs encore créent de l’emploi. Citons le commerce, la construction, les services collectifs, sociaux et personnels, les transports et communications, l’horeca ou encore l’industrie chimique.
De nombreux secteurs tels que l’agro-alimentaire, la métallurgie, les constructions métalliques, la finance, l’aéronautique, la chimie, la pharmacie ou la logistique, atouts pour la Wallonie, souffrent d’une forte concurrence du fait de la globalisation de l’économie. Si les entreprises wallonnes veulent se démarquer de concurrents potentiels, elles n’ont d’autre choix que celui de la qualité et de l’innovation. La Région wallonne a ainsi misé sur plusieurs pôles de compétitivité permettant aux entreprises, via la recherche et le développement et grâce à une main-d’œuvre qualifiée, de se diversifier, d’exceller dans les services ou produits proposés et de favoriser les investissements.
Les Wallons sont mobiles et nombreux sont ceux qui vont travailler dans une autre région. Si la majorité de ces navetteurs wallons travaillent à Bruxelles (plus de 105 000 personnes), ils sont également nombreux à travailler en Flandre (42 000) ou dans un pays limitrophe, essentiellement le Luxembourg (33 800), l’Allemagne (4 800), la France (4 800) et les Pays-Bas (1 400).
Si en 2007 et 2008, la situation de la demande d’emploi a connu une amélioration substantielle, le niveau de la demande d’emploi reste élevé. Quelques caractéristiques à garder en mémoire et qui confirment un chômage structurel important : un demandeur d’emploi wallon sur cinq est âgé de moins de 25 ans, plus de la moitié des demandeurs d’emploi n’a pas dépassé le niveau de l’enseignement secondaire du deuxième degré, de même que quatre sur dix sont inoccupés depuis plus de 2 ans.
Bien que le niveau de la demande d’emploi en Wallonie soit élevé, il est encore difficile de trouver des candidats pour certains métiers. Le Forem en a identifié 55 comme par exemple soudeur, infirmier généraliste ou de services spécialisés, électricien (construction), etc.
Les premiers effets sur le marché de l’emploi sont apparus dès la fin 2008 et se sont notamment traduits par le ralentissement de l’activité intérimaire en Région wallonne et un recours massif au chômage temporaire des ouvriers, confirmant l’aspect régulateur de ces dispositifs.
Le recul d’activité s’est également traduit par un ralentissement des embauches des employeurs et une diminution du volume d’offres d’emploi. Le nombre de postes d’emploi gérés par le Forem en 2009 a ainsi diminué de 13,6 % par rapport à l’année précédente. Malgré cette diminution, près de 116 000 postes ont été géré par le Forem en 2009. A ces postes, il convient d’ajouter 54 000 postes du VDAB et 7 200 postes d’Actiris qui ont fait l’objet d’une diffusion via le site du forem.
Le nombre de faillites en 2009 a été important et les pertes d’emploi qui en découlent également. De même, les licenciements collectifs soit confirmés, soit annoncés par plusieurs grands groupes industriels ont émaillé toute l’année écoulée.
Les estimations rapides de l’emploi résident salarié indiquent une diminution de 7 000 unités (- 0,7 %) entre le 2ème trimestre 2008 et le 2ème trimestre 2009.
L’évolution du chômage suit la tendance conjoncturelle avec plusieurs mois de décalage. Dès le mois de mars 2009, et ce après deux années de décrue ininterrompue, l’écart annuel de la demande d’emploi est reparti à la hausse. Cette hausse s’est maintenue jusqu’à la fin de l’année bien qu’elle se soit stabilisée dès le mois d’août autours des 5-6 % après un pic de 7,1 % atteint en juin. Les jeunes, les seniors et les demandeurs d’emploi inoccupés depuis peu sont les plus touchés par les effets de la crise. Le risque que certaines personnes récemment entrées dans la demande d’emploi s’enlisent dans un chômage de longue durée est réel.
La portée de la crise et ses effets sur l’emploi déjà constatés et à venir ont amené le Forem à proposer une réponse globale et articulée s’appuyant sur les axes d’intervention prioritaires suivants : prise en charge rapide et individualisée des travailleurs qui perdent leur emploi et des jeunes qui terminent leurs études, favoriser le maintien dans l’emploi et soutenir les employeurs, visibiliser et exploiter toutes les opportunités d’emploi et enfin préparer la sortie de crise et l’avenir.
Pour plus d'informations :
Stéphanie Tambour, chargée de communication institutionnelle/ Relations publiques et publications
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Note : les tableaux constituant les annexes de la Région wallonne ainsi que des 11 Directions régionales du Forem peuvent être envoyés sous format Excel, sur simple demande à : sabrina.lamattina@forem.be
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